20 février 2006
Oh la vache !!!
Déjà que je ne les aime pas trop. En fait j'en ai toujours eu la trouille. Pourtant ce n'est pas faute d'être allée les chercher dans les pâturages gras des Ardennes pour la traite. Enfin je me tenais loin derrière.
Bref je suis en colère après ces bestioles mais surtout leur propriétaire.
Tout à l'heure, profitant du soleil toulousain, je vais étendre ma petite lessive au soleil. Mon étendage est en bas du jardin entre les arbres. Rustique à souhaite et j'adore.
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En descendant il me semblait voir des "trous" dans mes mauvaises herbes.
J'ai déjà eu la visite par 3 fois des vaches du paysan d'en bas, bien un kilomètre à vol d'oiseau et il faut traverser le lotissement.
La première fois nous goûtions sur la terrasse lorsque les premières cornes sont apparues. Je suis dans la campagne mais bon 10 000 habitants tout de même et en plus dans un petit lotissement. Bref mon père s'invente en vacher pour repousser les envahisseurs. Les voisins s'en mêlent, vont chercher le propriétaire et tout rentre dans l'ordre. La terre étant sèche, pas trop de dégats.
La seconde fois, j'étais allongée sur mon transat au bord de mon bac à eau dans une tenue fort légère lorsque j'ai senti qu'on m'observait ! Je fonce sur le paréo et je monte chercher le balai de sorcière. Affolées, tout autant que moi, les bêtes sont reparties dans le haut du terrain écrasant quelques plantations. Je craignais qu'un coup de corne réduise ma superbe piscine à une flaque ! Le taureau en a profité pour raccourcir au tiers un arbrisseau. J'étais très colère mais la bête était de taille. Elles ont fini chez le voisin en vacances, ont bu dans la petite piscine de leur fille et laissé des traces odorantes de leur passage. Pas de mur chez moi pour le moment, ni chez les voisins donc elles ont passage libre.
Tout ça parce que le propriétaire ne veux pas mettre le courant dans sa clôture !!! Râdins les paysans ????

A l'automne j'ai su qu'elles étaient revenues une troisième fois pendant mon absence car la terre détrempée gardait les traces de leur passage.
Et là en accrochant mon linge je remarque d'autres trous puis des branches cassées dans mes plantations. Je remonte. Il y a des dégâts dans mes arbustes plus une superbe bouse. J'ai la haine. J'attends que la nuit porte conseil et que je chiffre toutes ces boutures patiemment préparées, mises en place et qui prenaient joliment de l'altitude pour présenter la facture demain. RAS LE BOL.

Déjà que les chiens du voisinage vident ma poubelle avant le ramassage lors de leur promenade libre et hygiénique du matin. Sans parler des crottes sur mon superbe green et des arrosages des plantes. Bien sûr je pourrais clôturer. Ce n'est pas dans mon budget actuel et ce sont les chiens qui doivent être enfermés ou tenus en laisse pas à moi de m'enfermer pour leur laisser la liberté.
Demain tournée des crottes et je vais rendre chacune à son propriétaire dans un sac en plastique ! Pour la vache pas de doutes et comme les autres chiens ont des tailles différentes leur cadeau empoisonné aussi. Je ne devrais pas me tromper beaucoup !
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Samedi lecture
600 pages de bonheur pour un samedi ensoleillé où j'ai découvert le premier crocus du jardin de la maison aux volets bleus ! Dommage j'ai pensé faire la photo plus tard et j'ai oublié... Mais il y a exactement le même dans la bannière de Silo :-)
Pas très en forme le samedi matin au réveil, l'Homme de mon coeur a eu pitié de moi et a préféré me savoir au chaud dans sa nouvelle maison que dans l'ancienne à finir de débarasser et nettoyer pour la laisser aux nouveaux propriétaires.
Me voilà donc dans le salon à l'immense cheminée où le premier feu a flambé la veille au soir. Un vrai feu dans une vraie cheminée, pas un insert, ni un foyer fermé. Un truc où je tiens debout (d'accord je ne suis pas très grande avec mon mètre soixante-quatre !).
Bien calée dans le canapé j'hésite entre le petit sac bleu qui contient une broderie facile, le petit sac rose avec les carrés de tissus pour le charm-quilt et un livre.
J'opte pour le livre.
"Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda. Cela fait un moment que je l'ai et que je repousse le moment de m'y plonger. Je sais que je vais aimer alors je fais durer l'attente.
J'ai découvert cette auteure il y a un peu plus de deux ans.
En vacances avec mes filles au Cap Ferret, une journée pluie-continue a mis à mal le stock pourtant impressionnant de livres emportés pour une semaine de camping ! Je prends un emplacement avec électricité exprès pour allumer la baladeuse et pouvoir lire le soir...
Il me fallait braver les éléments pour faire quelques courses,en voiture il n'y a guère de mérite.
Au petit supermarché du coin je furète sans grandes illusions dans le rayon des livres ; des "poches" pour la plupart. C'est le titre qui m'a fait tendre la main vers ce recueil peu épais : "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part".
C'est exactement ce que je voudrais, ça ! Qu'il y ait quelqu'un pour moi, quelque part... à condition que je le trouve rapido tout de même.
Je le retourne, lit la quatrième de couverture, note que ce livre a eu son petit succès (et je n'en avais rien su !! lol. Je n'ai pas du bien lire mon Télérama, moi :). Toujours méfiante envers les "évênements littéraires", mais le risque n'est pas bien grand à placer ce livre "catégorie G" dans mon caddy.
De retour sous mon home de toile, je retrouve mes demoiselles. Préparation et dégustation rapides du repas car j'ai très envie de plonger dans les mots. La grande me suit dans ce délire. Elle avait aussi un stock conséquent de livres entre le discman, la game-boy et de quoi dessiner. Le plus dur étant pour la petite qui ne lisait pas encore. Alors un câlin à Souris, la game-boy, le discman, quelques Playmobil et des câlins à Maman pour lui faire la lecture de livres bien à elle ; la pluie ne fait pas son affaire.
Et je me suis noyé dans les mots, dans les larmes qui venaient de temps à autre sans que je sois réellement triste, juste merveilleusement bien avec la pluie qui crépitait sur la toile, avec mes filles juste dans la "chambre" en face et la petite qui faisait la navette pour des bisous. J'avais mal partout à force de chercher LA position sur le matelas pneumatique mais cela n'avait aucune importance. Evidemment il faut ruser pour le passage du kleenex sans affoler les filles. Mais je leur avoue facilement mes faiblesses...
Ensuite il faut émerger de ce petit monde. Une éclaircie a permis d'aller faire un tour sur la plage et la force et l'infini (ou presque) de l'océan convenaient à merveille à ma pauvre petite âme :-)
Le lendemain je cherchais dans le rayon un autre livre et miracle il y avait "Je l'aimais". Evidemment le titre me convenait toujours...
Je l'ai peut-être un peu moins aimé encore que ce ne soit pas vrai mais j'ai sans doute plus pleuré ; le sujet évidemment. Une autre façon de voir mon histoire...
Lorsque le gros roman est sorti, j'ai voulu l'acheter de suite et puis je me suis méfiée. Ah être déçue par qui l'on a aimé !
Je l'ai offert à mon Papa en me disant qu'il me le prêterait. Je ne peux pas supporter qu'on lise un livre que je m'achète avant moi, une BD non plus d'ailleurs. Ensuite je peux prêter toute ma bibliothèque à condition ne pas abîmer. Donc pas question de lire le livre neuf avant mon Papa.
Je crois qu'il ne l'a toujours pas lu !
Du coup je me le suis offert, j'aurais pu le prendre en poche pour rejoindre les deux autres mais non j'ai voulu le gros !
Et il a attendu que je l'ouvre.
Il y a peu sachant que je devrais patienter chez le docteur, je l'ai emporté. Je venais de finir 'Le diable s'habille en Prada" de Lauren Weisberger. Divertissant.
J'ai survolé les premières pages parce que mon Petit Bout ne me laissait pas vraiment le loisir de lire et puis je l'ai refermé jusqu'à ce samedi.
J'ai versé la première larme sans vraiment m'en rendre compte, mi-sanglot, mi-rire. De toute façon j'avais un stock de mouchoirs vu le rhume et dès le matin avec les yeux rouges on croyait que j'avais pochtronné toute la nuit ! Mes émotions pouvaient passer incognito !
Le bonheur de lire !
Mais ce qui était merveilleux c'était de me dire que je pouvais être triste et toute retournée par les mots et les sensations qu'ils faisaient naître, tout à l'heure il y aurait deux bras bien forts pour me remettre debout. Rien que pour ça je pourrais me faire tout Balzac !
A condition peut-être que je pose un peu mon pavé pour préparer le casse-croûte des nettoyeurs ! Sa fille de 10 ans l'avait accompagné.
L'après-midi elle est restée avec moi et les bras protecteurs sont repartis braver les moutons et les araignées. Après avoir jouer à la fée du logis (un minimum vu le nombre de cartons qui squattent encore les pièces) j'ai repris mon creux dans le canapé, ma lecture et mes douces larmes ! Heureusement la demoiselle ne venait me voir que pendant les accalmies. Je lui ai proposé de lire de concert ; elle, ses revues sur les apprentis chanteurs qui se croient stars et moi mon pavé d'émotions.
La nuit arrivait et avec elle l'heure de faire un feu dans la cheminée. J'aurais pu en faire un avant mais cela ajoute au plaisir de repousser le plaisir ! Je n'avais jamais allumé un feu dans une telle cheminée ; je me sentais un peu intimidée. Un démarrage en triomphe puis une baisse d'enthousiasme mais je lui avais manqué d'attention. Quelques brindilles plus tard il a joliment flambé et j'ai fini mon livre dans la douceur des flammes crépitantes et réconfortantes. Un feu qui réchauffe et un bon livre, cela fait cliché mais qu'est-ce que c'est bon !
Le problème lorsque l'on fini un livre c'est d'en sortir, de s'ébrouer sans vouloir trop l'oublier non plus. J'aime cet état un peu fragilisé où l'on perçoit mieux les autres et les choses et qui me rend débordante d'amour !!! Et là je peux...
Evidemment j'avais mal à la tête entre le rhume, les accès de larmes et tous ces sentiments de 600 pages qui "footballaient" à loisir avec mon neurone. Mais mon sauveur était de retour avec ses plumeaux, son torse solide où je pouvais nicher mon nez embrumé... et l'aspirine !
Le lendemain matin ce fut souvenir d'enfance au réveil.
La maison aux volets bleus est dans un village à quelques pas de l'église qui sonne les heures et les demies et qui carillonne l'angélus.
La chambre est à l'étage au dessus du salon. Une grande chambre avec plein de cartons. De toutes façon il y en a partout ! L'Homme de mon coeur s'est levé de bon matin (pour un dimanche), je le sentais prêt à faire valser les cartons du garage pour se faire son coin atelier. Doucement il a rabattu la couette pour ne pas me réveiller. J'étais autorisée à flemmarder encore un peu en cherchant à respirer avec ce fichu nez bouché.
Le jour passait un peu au travers du volet. Sa fille s'était levée et j'entendais les bruits diffus de leur petit déjeuner dans la cuisine. C'était exactement comme dans la grande maison de mes grands-parents dans les Ardennes. Je suis restée un petit moment à jouer avec mes souvenirs dans cette douce réalité. Le clocher, la lumière autour des volets, les bruits de la vie en bas, l'escalier en bois qu'il faudra descendre, un grand lit dans une grande chambre, il y avait même l'odeur du café ! Ma grand-mère en prenait bien 15 par jour. La cafetière étant toujours sur le coin du poêle.
C'est une vraie maison !
Je ne pensais pas aimer une autre maison que la mienne, tout du moins pas comme cela...




















