Presqu'un mois que je suis passée par ici.

Pas le temps, plus le temps ou je ne me le donne pas. Passons.

Donc je coure, après le temps mais pas seulement. Depuis mon dernier 10 km et ce passage sous l'heure je ressens une nouvelle motivation. Je ne m'attends pas à faire des exploits, juste grignotter quelques secondes par-ci par-là. Par contre c'est une envie de courir nouvelle. Pas simplement pour me défouler ni perdre du poids mais pour le plaisir d'ajouter un pas au précédent en allant dans cette zone d'inconfort qui fait se sentir si bien... après !

J'avais repéré un trail début octobre dont la récompense n'est pas un nouveau T-shirt mais une boite de cassoulet !
14 km cela augmentait un peu la distance mais c'était faisable ; par contre 370m de dénivelé positif et ça je ne savais pas très bien l'estimer.

Donc pendant les 5 semaines j'ai travaillé un peu les côtes... enfin ce qui pouvait y ressembler dans mon coin ; c'est à dire la côte de mon lotissement ! Même en la faisant 4 fois la dernière semaine j'étais loin du compte. J'ai allongé la distance dans les chemins pour aller jusqu'à 15 km. Bon on verrait bien.

7h45 je quitte la maison. Il fait doux et gris. 40 mn plus tard je garre la voiture en plein champs (bien organisé) ; si j'avais su je serais restée sous la couette encore un peu !

Récupération du dossard, de ma boite de cassoulet et de mon ticket repas. J'ai osé affronter l'inconnu pour déjeuner sur place... et qui sait rencontrer le beau V2 qui m'entrainerait vers les podiums et d'autres sommets...!!!

En attendant il faut courir !

Départ du 32 km puis de la rando et c'est au tour du 14 km. Je me suis placée dans le milieu du peloton. Depuis 2-3 jours je me demandais à quelle allure je devais me lancer ne sachant pas trop comment m'évaluer face au dénivelé.
J'ai été tout de suite renseignée : allure "fais comme tu peux" car cela monte de suite avec un petit embouteillage pour déboucher sur la route qui permet de s'étaler un peu. La montée est continue pour arriver au village où l'on fait un petit tour. J'avoue ne pas avoir trop regardé l'architecture !
Il y a quelques chiens qui participent et qui tirent allègrement leur maître dans la montée... les chanceux. Mais je ne sais pas ce qu'ils sont devenus dans les descentes !
On quitte le village pour un chemin avec une belle descente. J'ai l'impression que je pourrais descendre plus vite mais je préfère suivre le mouvement et ne pas tenter de dépassements hasardeux.
Une nouvelle montée en deux temps. Je coure encore.
A nouveau une grande descente où je double un peu puis du 5e au 9e km une succession de montées-descentes. Au ravitaillement du 7e km je marcherai pour boire mais je ne m'arrête pas. Pas très envie d'un morceau de saucisse !!! 
Arrive la grosse montée. Sur le dernier coup de cul je vais marcher comme la plupart autour de moi. Et en marchant je double d'autres marcheurs, cela fait toujours du bien au moral ! J'en profite pour avaler ma petite compote de pomme. Plus pour le réconfort psychologique qu'un réel besoin mais puisque je l'ai portée jusque là ! 
Une petite descente pour relancer la machine et je vais me coller derrière un grand monsieur pour m'abriter du vent et me forcer un peu car je pense que sinon je n'aurais pas tenu les presque 10km/h sur ce passage pourtant légèrement descendant. Je connais le tatouage de son mollet par coeur !!!
Dans les 500 derniers mètres grosse montée où bien sûr j'ai marché.
Et c'est l'arrivée. 1h 47' 10" pour 14.5 km. Je suis contente. J'ai mon petit paquet de bonbons à la violette.

J'ai aimé courir dans les chemins, j'en ai bavé dans les montées mais les jambes étaient ok alors la tête n'avait plus qu'à suivre. D'un côté j'étais perdue de ne pas savoir ce qu'il y avait après et donc de mesurer mon effort et de l'autre cette découverte me plaisait. Petit parfum d'aventure !!! J'ai réussi à faire abstraction des autres même si j'ai pris plaisir à doubler quelques femmes beaucoup plus jeunes et plus minces. La notion de l'effort fourni a disparu dès l'arche d'arrivée passée. Après ce n'est que la satisfaction de l'avoir fait.

J'essaye de me faufiler jusqu'à la buvette où je récupère un verre, un quartier d'orange et deux pruneaux. Je me mets à l'écart et je réalise que je n'ai pas arrêté le chrono !!! Damned que vont devenir mes statistiques ;-)
Je regagne ma voiture pour m'étirer, me changer et refaire la course dans ma tête.
Je pense que j'aurai pu forcer un peu plus. Les descentes ne m'ont pas tué les jambes donc j'aurais pu en profiter pour grignotter des secondes. La longue portion alternant montées et descentes aurait pu être courue plus vite. Pour les montées marchées je ne regrette pas car vu la pente je n'aurais rien gagné vu mon niveau. Comme je ne savais pas trop ce qui m'attendait et que j'avais peur de ne pas être à la hauteur j'ai préféré suivre le mouvement et rester derrière certaines fois.
Donc très envie de re-courir ce trail pour faire un tout petit peu mieux... et avoir une seconde cassolette pour mon Petit Bout, vu que l'aînée va quitter la maison pour aménager dans un mini studio d'étudiante sous peu !
Chouette organisation parfaite à tous points de vue.

Après les podiums en buvant la bière gagnée à la sueur de mon front (moi qui n'en bois jamais) j'ai pris la file pour le déjeuner. Arrivant dans la salle j'ai bien cherché des yeux (sans mes lunettes de légère myope) un bel homme poivre et sel qui serait esseulé devant son cassoulet. Que nenni. J'ai fini entre deux groupes. Des Papy marcheurs et des coureurs qui évoquaient leur épouse et leur prochaine semaine de travail.
Un déjeuner cassoulet un peu perdue au milieu des groupes constitués à entendre les conversations de gauche ou de droite avant que la musique ne prenne le pas. Ma tarte aux pommes avalée j'ai quitté la tablée ma cassolette à la main...

J'ai remonté la côte (il n'y a que ça dans le coin !) jusqu'à la voiture. Une biere, un verre d'apéritif, un verre de Fronton bien charnu allais-je devoir utiliser l'étylotest ? Retour à la maison... et envie d'une petite sieste. Mais ce n'est pas dans mes habitudes et je préfère rêver à un prochain trail de petite distance car cela m'a beaucoup plu : un nocturne, un trail blanc... et pourquoi pas quelques kilomètres de plus !!!
Mais tout de même je trouve dure l'après course en solitaire alors que tout le monde se retrouve. Les trois autres fois il y avait mon Petit Bout que je pouvais saouler avec mes remarques !

606e sur 741 arrivés
21e sur 33 V2 (la première V2 fait 1h 21' 57" : bouh c'est loin !!!)

Cassoulet_Trail_2012