05 juillet 2019

La chute de l'histoire... ou l'histoire de la chute

Le mois de juin où j'avais été particulièrement absente venait de se terminer et je comptais sur le mois de juillet pour reprendre une routine épistolaire quand "Patatras" !

Lundi 1er juillet après une grosse journée de jardinage à manier pioche, râteau, ciseaux et taille-haie j'ai pris une douche réconfortante avant de cheminer à pied jusqu'au Lid°... que je n'ai jamais atteint ! A 150m de la maison je me suis retrouvée affalée sur le trottoir sans m'être tordue les pieds ou avoir eu l'impression de trébucher. Après m'être relevée j'ai regardé à gauche et à droite si personne ne m'avait vue me répandre puis j'ai voulu attraper mon sac à main resté au sol. Impossible. Ma main gauche avait un angle étrange et était toute molle au bout de mon bras. Retour à la maison pour appeler mon Papa pour qu'il m'emmène aux urgences.

Pour la suite, je me suis lâchée dans les détails et même si j'essaye d'y mettre de l'humour, les âmes sensibles ne souhaitent pas forcément en savoir plus.

En attendant j'ai nettoyé à l'eau la belle égratignure du genoux et j'ai laissé couler l'eau, tiède vu la canicule, sur mon poignet qui gonflait de plus en plus.
Urgences, radio avec un "Vous ne vous êtes pas ratée" de la radiologue puis médecin pour annoncer une double fracture du poignet qui entraîne une opération, 6 semaines de plâtre puis de la rééducation avec un total de 3 mois pour retrouver l'usage de ma main et en attendant une gouttière plâtrée provisoire. Je suis repartie dans la jolie tenue en in-tissé des infirmières en ayant évité de peu le découpage de la robe que je portais au prix de quelques contorsions douloureuses !
Dans un premier temps l'opération était prévue pour le lendemain matin donc je devais rester à jeun et revenir pour 8h. De retour à la maison appel du docteur pour un rendez-vous avec le chirurgien le mercredi matin pour une opération l'après midi et une sortie le vendredi pour cause de pose de redon.

Lorsque Manon est revenu de son job au Mac Do après minuit je l'ai mise au courant du chamboulement des semaines à venir. Comme mon poignet droit ressentait quelques fourmillements pour avoir maintenu l'autre bras pendant plus de deux heures et bien jardiné auparavant Manon m'a fait un petit massage à l'huile essentielle de Gauthérie et j'ai porté mon attelle pour la nuit. Lors du massage j'avais ressenti quelques points sensibles mais dans ma chute je me doutais bien que la main droite avait du tenter une parade !

Le lendemain matin le bras gauche dans son attelle était gonflé et sensible mais c'est le droit qui s'est révélé le plus douloureux. Lorsque j'ai enlevé l'attelle le poignet a commencé à gonfler puis les fourmis l'ont envahi comme au plus fort de mes crises du canal carpien. J'ai passé la journée à mettre la main en bas pour pouvoir supporter la douleur.

Arrive enfin le mercredi matin. Levée tôt pour m'aider à me préparer Manon était un peu ronchon pour jouer à la Maman (elle n'est pas du matin !) mais elle s'est bien acquittée de sa tâche. Mon Papa m'a emmenée. Il avait déjà vu ce chirurgien suite à un doigt cassé. Ce spécialiste de la main et du poignet m'a expliqué ce qu'il allait me faire (pose d'une plaque), une immobilisation jusqu'après le 15 août puis de la rééducation. Bien sûr il a demandé ce que je faisais : travail de bureau, pianiste et tout ce que fait une femme seule avec maison et jardin.Il ne s'est pas aventuré sur les suites... juste annoncé que la plaque serait à retirer au bout de 6-8 mois. Pour le poignet droit il a demandé une radio et constaté une entorse avec certainement un petit écoulement sanguin qui est venu comprimer le canal carpien. Comme la double immobilisation des deux bras poserait vraiment un problème je vais porter mon attelle le plus souvent possible en espérant que cela suffise au rétablissement.

Puis ce fut visite à l'anesthésiste, entrée, placement en chambre, attente, descente au bloc avec une halte en salle d'anesthésie locale avant le show. Mon bras gauche était pris en charge mais c'est le droit qui me faisait des misères ; je le laissais pendre le plus possible le long du brancard puis de la table en cherchant la fraîcheur du métal pour calmer les fourmillements.
C'était ma première anesthésie partielle : c'est impressionnant. Mon bras mourrait tout doucement pendant que le mécano vidait sa boite à outils. Une fois le champs mis en place je n'ai eu que les voix, les torsions au niveau de l'épaule, les coups de marteau, la visseuse, les tractions pour tenter vainement de suivre. Ce qui m'a surprise c'est que seul mon bras avait de l'importance ; je n'existais pas. Lorsque le garrot sous mon aisselle a été actif et que je disais que cela serrait beaucoup le chirurgien m'a répondu que si cela me gênait c'est l'anesthésiste qui réglerait cela, lui ne s'occupant plus que de mon bras. Je n'ai plus rien dit et j'ai compté les trous de la plaque perforée au plafond pendant 29 minutes d'opération. J'ai entendu les anecdotes des uns et des autres comme autour d'une machine à café mais sur le plan opératoire rien, que du technique. Cela me convient. Par principe je fais confiance. Je pense qu'à un moment il a dû changer ses plans et fixer mes os autrement. Dès la consultation du matin en voyant la radio j'avais compris que cela ne se présentait pas de façon simple !
Puis le matériel a été remballé et mon bras énorme et emmailloté a été posé sur mon torse en m'obligeant à le tenir avec l'autre main. J'ai mis un moment à comprendre que ce bras était totalement libre et ne connaissait qu'une direction : le point le plus bas qui passe parfois par le visage en cassant un nez !!! Je n'avais pas compris l'anecdote avant !

Après un court passage dans la salle de réveil j'ai regagné ma chambre. Après le contrôle de l'infirmière j'ai pu me lever. Tenir la nuisette sexy, le redon, le bras qui vit sa vie et baisser sa culotte avec une main à peine valide et fourmillante à souhait c'est... à vivre !!!

L'endormissement du membre a duré longtemps. J'ai remis l'attelle à droite après le dîner et c'est devenu de plus en plus supportable. La douleur du bras opéré est apparue vers 2h du matin. Le comprimé de morphine n'a pas calmé mais j'ai pu m'endormir. Un second plus tard a eu le même effet. Mon avant-bras me semblait pris dans un étau. Heureusement avec le petit déjeuner j'ai pu prendre l'anti inflammatoire et c'est devenu supportable. Le droit ne me gênait presque plus.

Jeudi devait être une journée neutre avant le pansement du vendredi matin suivi de la pose de la coque sur mesure et de la sortie. Mais en milieu de matinée changement de programme je sortais avant midi ! Ce fut un peu compliqué parce que mon Papa n'était pas disponible et Manon non plus surtout que je ne pouvais pas prévoir d'horaire.

Une jeune infirmière est venue faire le pansement sous la supervision d'une autre. J'ai fortement pensé à mon aînée dans cette situation à ses débuts. Bien sûr enlever le drain n'est pas agréable, les désinfectants piquent et bouger le bras est douloureux mais elle s'est bien débrouillée ! Côté couture, heureusement que mes surjets sont plus fins ! Mais là encore je fais confiance surtout suite à l'avant-après de la cicatrice sur ma cuisse pour le mélanome. Par contre je pensais que l'ouverture serait moins longue.

Puis deux personnes sont arrivées pour la coque : là encore une débutante supervisée. Je suis un cobaye pour la médecine !!! J'ai découvert cette technique inconnue de chauffer une plaque de plastique pour la mouler sur le bras puis la découper et la préparer en attelle facilement amovible pour pouvoir faire les soins.

Ma voisine de chambre a eu son plateau repas et moi aussi. Lorsque j'ai dit que je sortais on m'a répondu gentiment que j'allais tout de même manger quelque chose avant !

Manon est arrivée un peu plus tard, quelques formalités et nous voilà dans la fournaise avant de retrouver la maison.

Depuis je m'adapte plus ou moins bien. Manon travaille au moment des repas donc il faut anticiper : impossible de couper, d'ouvrir, de mélanger... Comme avec les médicaments le poignet droit a dégonflé et les fourmis sont moins virulentes j'ai tendance à vouloir utiliser ma main en oubliant l'entorse !!! Je tape d'une seule main avec des pauses... ; ce billet, vu mon bavardage va me prendre la journée ! De toutes façons à part la lecture et la TV ou les vidéos toutes mes activités sont impossibles.

Le problème est que Manon part dimanche matin à Malte avec des copines pour une semaine. Du coup Laëtitia descend quelques jours. J'aurai mon infirmière particulière même si j'ai pris rendez-vous avec une autre infirmière pour les soins.
Ensuite on verra au jour le jour... Tout devient si compliqué d'un coup qu'il faut résoudre les problèmes les uns après les autres !

Il est plus raisonnable d'arrêter là pour reposer la main droite. Je vais essayer de corriger toutes les fautes car cela chamboule complètement ma frappe habituelle avec les dix doigts.

Bravo aux courageux qui sont arrivés au bout !!!

A bientôt... j'espère !

Posté par sylviedetoulouse à 20:23 - - Commentaires [24] - Permalien [#]