Je vais encore vous parler course à pied.

Pourtant dimanche dernier j'ai fait un tour rapide et imprévu au Salon Créatif de Toulouse. J'ai bien sûr acheté un ou deux petits trucs mais pas pris le temps de vous montrer. La semaine prochaine... promis !

Donc...

L'année dernière le vendredi midi je m'étais rendue sur le village marathon, j'en avais parlé  et j'avais rêvé en voyant les coureurs repartirent avec leur petit sac rose. Un jour, quand je serais grande (à 52 balais il serait temps !) moi aussi j'aurai ce petit sac !!!

Après la Petite Toulousaine, j'avais dit en ma collègue que j'avais entrainée dans la course : "Maintenant c'est le marathon en relais". Un autre collègue qui avait couru deux jours avant la Corrida avec moi nous dit "Pourquoi pas ?"
Restait à trouver un ou une 4e ? Une ancienne collègue était partante; heureusement car notre agence régionale n'est pas très "sportive".
Le projet en reste là jusqu'au jour où l'on apprend que c'est complet !
Evidemment c'est à ce moment-là que l'on décide d'en avoir très envie.
Je laisse donc mes coordonnées sur la liste d'attente.
Comme un de nos clients est meneur d'allure sur le marathon on tente aussi ce piston.
En fait nous aurons les réponses au même moment : nous pouvons nous inscrire.
Branle-bas de combat, il reste moins de 3 semaines, je viens juste de finir mon premier trail.
Ma collègue ne dépasse pas les 6 km deux fois par semaine.
Nous n'aurons pas l'occasion de courir tous ensemble mais nous avons déjà le nom : Fred et ses drôles de dames.
Un seul homme pour l'équipe, nous lui laissons sportivement la plus longue distance : 11,8 km.
Je prendrais le départ car ma fille assurera le portage de relais en relais et donc 10.8 km à parcourir.
Ma collègue fera 9 km, ce qui sera son record de distance et la dernière 9.8 km avant que tous les trois nous la retrouvions pour 1.4 km avant de passer sous l'arche.

Donc vendredi midi nous voilà parties toutes les deux au village marathon récupérer nos dossarts. Dans la file d'attente nous répondons à un questionnaire sur les fuites urinaires ! Dommage cette année un seul sac et tout dedans. Vérification du contenu et je repars avec mon sac rose. Le premier relai est considéré comme chef d'équipe !
Retour au bureau pendant que ma collègue rejoint son compagnon pour déjeuner. Je prépare les petits tas pour chacun. Notre 4e équipière doit passer en fin de journée récupérer son dossart et faire le point sur notre organisation.

Marathon_relais_Toulouse_2012_KDO

 

Marathon_relais_Toulouse_2012_T_shirt_dos

Place à la course.

Sortie du métro où nous suivons la foule en direction du pont Pierrre de Coubertin à côté du Stadium. Ma fille mémorise le parcours pour le refaire dans l'autre sens après le départ. Il fait froid, 5°, il y a du vent mais heureusement du soleil. Petit tour aux toilettes, je garde la parka jusqu'au dernier moment puis je la laisse à ma fille en même temps que le bisou et je me glisse au milieu du peloton pour me tenir "au chaud". Juste devant moi un dossart : Prénom masculin que j'ai oublié et ses drôles de dames ! Elles aussi un seul homme dans l'équipe à qui elles ont laissé le plus long trajet !!!

C'est parti il est 10h15 pile à la nouvelle heure. Je passe sous l'arche en marchant et j'enclenche mon Garmin. Tout le pont est à nous et chacun peut prendre son allure sans bousculade.
Je me cale sur un 10 km/h. La sensation de froid passe assez vite mais le vent reste présent. Pourtant mon relais se passe en ville pour une part et je suis plus dans les courants d'air que dans le vent continu hormis sur les ponts et les lignes droites. Ah la petite montée dans le vent et la descente toujours dans le vent qui ne permet pas vraiment de grignotter des secondes !
Au 5e je marche pour boire mon verre d'eau et je recolle à mon 10 km/h. Mais petit à petit je vais descendre à 9.9 km/h.
Au 7e je suis en plein vent et je trouve dur, je serais bien tentée de marcher un peu. Cela tombe bien un verre d'eau à 7.5 km : je prends !
Et je repars mais toujours sur 9.9 km/.
Tout doucement je double. En fait j'essaye de me mettre à l'abris derrière quelqu'un mais c'est toujours un chouia sous ma vitesse alors je finis par doubler pour chercher un nouvel abris ! Un 3e verre avant le 10e, je prends aussi.
Arrive le 10e km. Je monte un peu l'allure mais cela ne suffira pas pour afficher un 10km/h sur le parcours : 1h05' pour mes 10.8 km.
C'est ma collègue qui me repère au relais car il y a beaucoup de monde. Je continue à courir car je cherchais le tapis pour la puce. Je stoppe tout en me mettant sur le côté, pose le genoux à terre, enlève les gants, défais le lacet enlève la puce, la passe sur son lacet. J'ai les doigts malhabiles et surtout j'avais tellement peur de perdre la puce que je n'ai pas lésinée sur le blocage. Enfin je libère ma copine et lui souhaite bonne course.
Je retrouve ma fille et ma parka. Je n'ai pas chaud maintenant que la pression retombe ! Une bouteille d'eau, 2 quartiers d'orange et un pruneau. Plus de la gourmandise que de la faim mais je vais devoir attendre pas mal.
Une nouvelle pause toilettes et nous reprenons le métro pour le relais 3 car le relais 2 n'est pas desservi par le métro et nous n'aurions pas le temps de nous y rendre.

C'est le 31e km ; les coureurs du marathon qui arrivent sont à petite vitesse et le visage marqué. Le vent y est certainement pour beaucoup. J'ai mal pour eux en m'imaginant un jour à leur place. Je frémis. D'un côté je suis contente d'avoir presque fini ! 
Du coup nous allons attendre plus d'une heure et demie et je n'ai pas eu chaud. J'ai enfilé la polaire et la parka sur ma tenue humide pensant que cela suffirait mais j'aurais dû me changer.

Petit coup de fil ; ma copine a bien passé le relais 2 et sous le temps que nous avions estimé. Super. Elle va tenter de nous rejoindre au relais 3.

Justement notre 4e équipière arrive avec sa petite famille pour supporter.
Pendant ce temps-là ma fille englouti les sandwiches que je lui ai préparés ce matin. 14 ans et filiforme mais qu'est-ce qu'elle mange ! Je me contente d'un compote de pomme en tube. Génial ce truc !

Arrivée de l'homme de l'équipe qui a bien tourné et la dernière s'élance. Bon nous avons des progrès à faire dans le décrochage et accrochage de puce !
Le temps pour lui d'enfiler la polaire, d'attrapper un verre d'eau et un quartier d'orange et nous reprenons le métro pour le dernier point de relais.

L'ambiance est chaude malgré le vent toujours aussi glacé car toutes les équipes se retrouvent et c'est plutôt sympa. Nous sommes presqu'aussi excités que si c'était le départ !
Pour que ma fille puisse prendre quelques photos à notre arrivée, elle part avant nous (pas sûre d'aller plus vite en métro) et nous devons lui rendre nos habits chauds ! Moment difficile !!!
Notre 4e équipière arrive en avance et nous emboitons son allure. Nous voilà partis à 12 km/h sur les premiers 100 m. Whaou pour moi qui suis bien froide je panique un peu de ne pas tenir l'allure. En fait nous baissons tous l'allure dès que nous retrouvons la longue ligne droite et le vent mais nous doublons les équipes les unes après les autres. Cela fait du bien. Juste la dernière équipe que l'on rejoint moins de 100m avant la ligne et nous restons derrière en nous tenant la main.
Super ! 4h14' après le coup de pistolet. Nous étions partis sur 4h30'.

Et on nous passe la médaille autour du cou. Ma première médaille. Bon ce n'est le marathon en entier mais je suis fiérote !
Les bisous de l'équipe, une banane, une bouteille d'eau, retrouver ma fille et nos affaires, se rhabiller et chacun a envie de rentrer au chaud.
Un peu de métro puis une voiture bien chaude car au soleil et arrivée à la maison où mon autre fille nous prépare un verre de coca bien mérité pour écouter notre aventure. Je montre ma jolie médaille :-)

Marathon_relais_Toulouse_2012_M_daille



Sous la douche je revis ma course. Un peu déçue de ne pas avoir accroché les 10 km/h mais rassurée car vendredi soir j'étais mal partie. En pleine ménaupose je peux enfin ne plus me soucier des périodes à risques. Sauf que vendredi après-midi début d'une hémorragie au bureau  (génial !!!) qui m'a poussée à consulter samedi en catastrophe. Echographie à venir mais il fallait endiguer les flots. Médicament pour ce WE et je connais maintenant tous les points toilettes des relais. Et moi qui croyais que vieillir pouvait avoir des avantages...

Jamais 2 sans 3 alors l'an prochain ce devrait être le marathon. Mouais !  J'aimerais bien sûr mais il y a du boulot (surtout côté mental) et le visage des coureurs au 31e m'a impressionnée. Pourtant ils étaient à ce moment-là sous les 4h15'.

Après-midi cocooning avec mes filles avant leur départ demain chez leur  mamie à Annecy où il a neigé. J'ai les joues chaudes comme après une journée de ski. Il y a toujours un momnet où je doute et e demande ce que je fais là mais après c'est vraiment bien !

Soirée Age de Glace et pop corn à venir... avant demain une journée difficile au boulot : DRH + directeur technique + réunion pour connaître enfin la nouvelle organisation... et la nouvelle définition de mon poste !!!