Que d'eau !
La semaine a été mouvementée.
Comme sur presque tout l'hexagone les fortes pluies puis la tempête ont imposé la loi de la nature.
La commune où je travaille a des zones inondables en raison des nappes phréatiques rapidement saturées ; de plus il y a beaucoup de petits canaux ou canalettes. Ce n'est pas Venise tout de même ! Il y a des années les constructeurs ne se souciant pas de ces problèmes, des lotissements ont été installés dans ces zones.
Lorsque l'épisode pluvieux est intense évidemment cela déborde.
Les premiers accusés sont les services municipaux qui n'entretiennent pas les fossés. Seulement les administrés oublient très vite que les buses sous leurs entrées de propriétés sont à entretenir et que cela leur incombe.
Mardi tous les niveaux ont commencé à monter ; le midi lorsque je suis rentrée les fossés étaient pleins avec tout un tas d'objets qui flottaient. Le nombre de canettes jetées par les fenêtres de voiture est impressionnant parmi les détritus !
A mon retour à 14h,l'eau des fossés débordaient sur la route à certains endroits. Bien sûr il y avait d'autres routes de la ville dans le même état.
Sont venues s'ajouter les fuites dans certains bâtiments.
Le téléphone a commencé a bien sonner.
Le mercredi le niveau a continué de monter et des maisons ont été impactées.
Lorsque j'ai repris la route le soir j'ai marché roulé sur l'eaux ; une camionnette ayant perdu la trace de la route avait fini couchée dans le fossé.
Puis la tempête est arrivée dans la nuit de mercredi à jeudi.
Jeudi, à la première heure c'était le branle bas de combat. Sur mon trajet il y avait un arbre prêt à tomber sur la route mais bien sûr ce n'était pas le seul. Alexandra pilotait les agents sur les différents lieux à dégager et à sécuriser. Entre les arbres tombés, ceux qui menaçaient, les branches partout, les objets envolés (trampoline sur la route), les toits en équilibre... il y avait de quoi faire pour les agents.
Avec la secrétaire du Maire qui m'avait rejointe nous avons recensé le suivi des opérations et les appels pour intervenir au mieux. Nous travaillons très bien ensemble toutes les deux.
Il a fallu gérer les impatients, ceux qui pensent être plus importants que les autres, ceux qui "connaissent" le Maire.
Lorsque je suis partie du bureau le soir il ne pleuvait plus, puis en chemin les premières gouttes sont arrivées de plus en plus fortes puis la grêle pendant 500m de conduite ralentie et prudente jusqu'à un abri provisoire sous un pin parasol en bord de route. L'épisode de grêle a été bref mais intense et impressionnant. J'ai quitté mon abri pour rentrer à la maison où la pluie s'est arrêtée.
Ce vendredi la pluie ayant fait une pause les niveaux descendaient mais un quartier restait sans électricité. Comme c'est un vieux lotissement la moyenne d'âge est élevée avec des personnes plus sensibles qui n'acceptent pas un inconfort passager. Je suis peut-être dure mais 24h sans électricité ce n'est pas agréable et le congélateur en prend un coup mais on n'était pas en période de grand froid. A voir tous les petits points en rouge sur la carte d'Enedis dans les communes voisines les agents ne devaient pas chômer pour rétablir le courant.
Nous avons profité de cette pause climatique pour préparer le WE qui devrait être à nouveau pluvieux et venté.
Tour de la ville pour repérer les endroits critiques, vérifier le matériel, faire le plein de tous les véhicules, pendre les dispositions en cas d'hébergement d'urgence, mettre à jour le recensement des personnes vulnérables et faire la liste des volontaires.
Au milieu de cette effervescence il y a tout de même un responsable d'un service qui appelle car il y a des trottinettes et des vélos à réparer dans les écoles. No comment !
Et écouter les doléances ! Une parmi tant d'autres.
Un habitant nous signale qu'un arbre de son terrain est en train de tomber et qu'il repose sur les lignes téléphoniques du bord de la route. Il nous demande de venir avec une nacelle pour couper les branches. Je lui explique que c'est son arbre et que c'est à lui d'intervenir. Il me répond que les branches ne sont plus chez lui mais sur la partie publique. Non monsieur, les branches sont toujours à vous et nous n'avons pas à intervenir ; de plus nous n'avons pas de nacelle, il nous faut en louer une. Il a soumis l'idée que les agents n'avaient qu'à monter sur le mur qu'il leur donnait l'autorisation. La notion de sécurité n'effleure pas ce monsieur. Mais si l'arbre tombe sur la route vous serez bien obligés d'intervenir !!! Je lui dit que dans tous les cas c'était lui le responsable. Pas grave c'est l'assurance qui paiera !
Que faire avec de telles personnes ???
Mais il y a aussi de gentils messages de personnes qui remercient les agents pour leurs actions et leur dévouement.
Ces derniers jours ont été difficiles pour certaines personnes mais rien comparé à ce que peuvent vivre des habitants de régions vraiment sinistrées.
Malgré tout c'est une chose de le voir aux infos et une autre dans la réalité.
Chez moi à part un peu de bazar et une cabane qui est dorénavant pratiquement écroulée je n'ai pas découvert de dégâts. J'avoue que vu les conditions j'ai fait un passage rapide sur le terrain.
J'avais prévu dans la semaine d'aller dans un grand centre commercial pour quelques courses dont LE tapis à langer. Chaque soir je repoussais mais j'ai fini par y aller en partant à 16h ce soir.
Je voulais aussi me trouver une nouvelle tenue, un jean et un haut pour changer un peu mais le passage dans la cabine d'essayage n'a pas été à la hauteur de mes attentes.
Donc restons en au matelas à langer, quelques courses alimentaires et un passage chez Yves R°cher qui est mon fournisseur de crème de jour et de gel douche. Que du basique !
Côté tricot petite avancée sur mon pull sur la seconde manche. Il faut que je m'active si je veux le porter le WE prochain au salon, si le passage par Bordeaux est possible vu l'état actuel des routes dans ce secteur.
En tout cas ce WE en journée ce sera couture car là aussi il faut mettre les bouchées doubles.
Une petite anecdote sourire pour terminer. Le Maire est passé aux Services Techniques et en me saluant me dit : Oh vous avez coupé les cheveux. Je souris. Il ajoute que j'ai rajeuni de 10 ans. Merci. Donc vous pouvez rester encore à la mairie quelques années. Ah ces politiques !
A demain.
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